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 Vagabond [Nouvelle]

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Oblivion
Le Néant
Oblivion

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MessageSujet: Vagabond [Nouvelle]   Jeu 19 Juin - 18:34

Mathieu est un marcheur expérimenté : une bonne foulée, des appuis efficaces et un rythme régulier lui permettent de parcourir, sur presque tout terrain, entre 7 et 8 km par heure sans se fatiguer. Habitué, depuis son plus jeune âge, à crapahuter, à travers champs et forêts, sur les pentes sombres de son Auvergne natale, le sous-bois clair de Fontainebleau au crépuscule ne parvient pas plus à le ralentir qu’à le désorienter. Malgré sa silhouette massive, ses paluches dans les poches de sa grosse veste de treillis et ses énormes croquenots, le jeune colosse blond se déplace avec l’agilité d’un animal, naturellement alerte, silencieux et discret.

Voilà un peu plus de quatre ans que la vie du vagabond a emprunté un cours inattendu mais, aujourd’hui encore, la nuit qui l’avait décalé dans un autre monde obsède ses pensées tandis qu’il traverse les bois.

    Il avait un peu moins de 15 ans quand son destin l’avait pris au piège dans ses griffes. Il errait alors dans le Jura, vivant difficilement de petits boulots au noir et de braconne. Il dormait dans des grottes naturelles, des granges désaffectées ou des squats insalubres. Ce soir là, il traînait dans les rues de St Claude , à la recherche d’une crèche. Ce sont les cris qui l’avaient alertés…


Mathieu s’arrête soudainement et tend l’oreille. Le petit bruit chantant d’une source clair lui murmure doucement des histoires de nymphes et de dryades. Il se tourne et part dans la direction du petit bruit.

    L’adolescent n’avait pas trop réfléchi. Il se défendait d’être le moins du monde intéressé par le sort d’une gamine, harcelée par une bande de connards, dans une sombre impasse. C’est donc inexplicablement que sa main s’était refermée sur le colbac du bombers d’un grand costaud. L’homme d’une vingtaine d’année, le crâne rasé, lui tournait le dos comme ses acolytes. Il tenait dans une main le poignet d’une fille qui devait être un peu plus jeune que Mathieu et caressait le bas de son dos, avec lubricité, tentant de s’immiscer dans son jean. L’adolescente, fine et brune, vêtue d’un blouson clair et de petites tennis, se débattait en décollant du sol pour échapper à l’étreinte concupiscente de son agresseur sous l’œil amusé et excité des autres salauds.


Mathieu écarte le rideau de mousses et d’hépatiques qui dissimule le filet d’eau argenté qui coule au creux d’une boule de grès fissurée pour plonger les mans dans une vasque de pierre naturelle. Le soleil se couche. Il ôte sa veste de treillis sous laquelle il porte une chaude chemise à carreau.

    Le grand gaillard avait presque réussi à vaincre la résistance du jean quand il fut soudain tiré en arrière par le col avec une violence qui lui fit lâcher prise. La gamine tomba sur le bitume tandis que son agresseur tenta de retrouver son équilibre en reculant avec des petits pas grotesque et en agitant les bras. Le sale bonhomme finit sa course dans un tas de boites en carton, remplies d’ordures, contre le mur de la rue. La dizaine d’acolytes, surpris, ne réalisa pas tout de suite ce qui venait d’arriver. Mathieu leva la jambe, comme pour faire un pas de géant, et lança la semelle de son 48 de sécurité dans les parties génitales du plus proches, qui fut projeté à un mètre et tomba à terre en hurlant. Puis il posa son poing dans le nez d’un autre. La truffe de la sale gueule éclata en sang.


Le vagabond se déshabille complètement, au cœur de la forêt de Fontainebleau, dans la lumière déclinante du sous-bois, face à l’autel sauvage, taillé par la petite source timide. Il plie convenablement ses affaires et les déposent sur son sac de toile à bandoulière à même le sol.

    Les agresseurs de la fille s’étaient malheureusement vite repris. Sans être de la corpulence de Mathieu, ils étaient solides et surtout en force. Ils avaient l’habitude des bagarres de rue et l’idée d’un lynchage en règle les intéressa soudain plus qu’un viol. Mathieu évita un poing à la tête mais un autre le frappa violemment au bas ventre. Un déluge de coups traître tomba sur l’adolescent. Il se défendit comme il put et asséna encore une ou deux belles trempes à ses adversaires avant de tomber au sol et de se faire rouer de coup jusqu’au sang. Il se mit à pleuvoir.


Complètement nu, sans fausse pudeur, son impressionnante musculature noueuse baignée dans la dernière lumière du jour, il s’agenouille solennellement devant la source. Il plonge son regard dans le reflet de la petite flaque d’eau. D’un doux geste, il balaie la source avec respect comme pour en écarter des créatures invisibles avant de mettre ses mains en vase pour recueillir l’eau qui coule. Il boit, se baptise le visage puis se lave consciencieusement et patiemment de la tête au pied à l’eau claire. Puis, le corps encore humide de ces ablutions, il ferme les yeux et semble prier.

    Le visage ruisselant de Mathieu n’était plus qu’une plaie sanguinolente. Les agresseurs avaient frappé, à grands coups de rangers, sans retenu, pendant de longues minutes, comme si l’adolescent avait été un simple sac de linge sale. Plusieurs côtes avaient cédé, son crâne était défoncé et la colonne vertébrale certainement sévèrement touchée. Le plus costaud du groupe, auquel Mathieu s’en était pris en premier, l’attrapa finalement par le col de son treillis et plaqua son corps pantelant sur l’un des murs sales de la ruelle sombre en agitant devant son visage un poignard de chasse.


Mathieu relève la tête et voit encore, 4 ans plus tard, devant ses yeux, à travers le rideau de son propre sang, au cœur de la sérénité de la forêt, le visage barbare qui, dans l’ombre de la ruelle, avait décidé de lui faire payer de sa vie son obstruction à ses vils désirs.

    Le crâne rasée avait placé sa lame sous la gorge de Mathieu avec un sourire de satisfaction. La fille était maintenue au sol par un lourdaud et pleurait. Une étrange lueur avait dansé dans le regard du condamné.


Mathieu, purifié, se rhabille puis ferme les yeux pour tenter de préciser la vision imparfaite de ce qui s’était passé alors.

    Un battements de cœur et la mâchoire hérissée de crocs avait claqué en se refermant sur l’avant-bras qui tenait le poignard. Interdite, la brute avait lâché prise et reculé mais n’avait pas réalisé immédiatement que son bras droit avait été sectionné, net, au niveau du radius. L’homme inondait le bitume de son sang tandis que ses acolytes ouvraient de grands yeux terrifiés, emprunts d’une incompréhension pathétique. A partir de cet instant, tout avait été trop rapide et confus pour que Mathieu en ait gardé un souvenir clair. Le visage de ses victimes lui avait été caché par une Rage sans commune mesure avec celles dont il avait pu faire l’expérience avant cet évènement. Il avait bondit avec une agilité grisante et une précision capiteuse, d’une silhouette pantelante à une gorge offerte, d’un abdomen éviscéré à un dos en fuite… L’adolescente hurlait comme jamais Mathieu n’avait entendu quelqu’un le faire. Du sang et de la chair coulaient sur la langue du loup et dans sa gorge comme le plus goûteux des festins.


Le jeune homme prend une grande inspiration et rouvre les yeux. Il reprend sa marche à travers les taillis. Il est bientôt arrivé. Il est maintenant présentable pour rencontrer sa nouvelle famille adoptive.

    Ceux-qui-glissent-en-silence ne l’avaient pas trouvé tout de suite. Mathieu avait erré, hagard, dans les forêts sombres du Haut-Jura, pendant plusieurs jours sans pouvoirs débarrasser son esprit du cri horrifié de la fille. Quant enfin ses frères l’avaient repéré, il n’était que l’ombre de lui-même. Quatre ans avait passé et Mathieu avait appris beaucoup.


Les arbres deviennent plus imposants, le sous-bois plus dense et les douces ténèbres plus profondes à mesure qu’il approche de sa destination. Enfin au cœur d’une nature farouche, impensable si près d’une capitale d’humains, Mathieu entre dans une clairière au milieu de laquelle trône un dolmen monumental.
Il est arrivé.
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